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Towards est une tentative de représentations subjectives du territoire de Bruxelles couplée à la création d’un outil collaboratif de cartographie subjective.

En juin 2006, Recyclart, City Mine(d), Constant, et les graphistes de Speculoos ont lancé le projet « TOWARDS a subjective collective cartography », dont le but est d’explorer des questions relatives à la représentation subjective du territoire bruxellois et de favoriser la transmission, l’échange et la mise en commun de ces questionnements...

Le projet actuel s’articule selon deux axes : d’une part la réalisation d’un atlas bruxellois et d’autre part la création d’un logiciel (TRESOR) (détails ci-dessous).

Un projet en plusieurs étapes (voir évènements)

A la genèse du projet, 9 artistes de pratiques et de générations différentes ont donc été conviés -chacun selon ses affinités pour le choix du sujet et avec une formalisation personnelle de ses données- à élaborer une cartographie subjective d’interventions urbaines à Bruxelles. Leur travail a ensuite fait l’objet d’une exposition et d’une première publication qui, loin de se borner à mettre en lumière la lecture particulière que ces artistes faisaient du territoire, rassemblait également leurs expérimentations dans une tentative de carte commune.

Malgré les difficultés techniques et conceptuelles rencontrées, cet essai s’est révélé d’une grande utilité pour la suite des évènements, dans la mesure où il a déclenché une série de nouvelles interrogations. Comment représenter des données territoriales subjectives ? Comment classifier ces données et les mettre en relation ? Quelle pertinence et quelle forme donner à un éventuel outil collaboratif de cartographie ?

Depuis lors, l’eau a coulé sous les ponts et d’autres évènements traitant des préoccupations similaires ont eu lieu. De la création d’un blog à la collecte de nouvelles cartes, de l’animation de workshops (workshop 1, workshop 2, workshop 3) à l’organisation de pratiques in situ (openstreetmap party, biomapping), le projet a été nourri peu à peu par les connaissances et les expérimentations de nombreux intervenants. Mais si la manne de savoirs qui a résulté de ces contributions est abondante, elle demeure néanmoins à l’état brut et mérite d’être clarifiée, synthétisée, revisitée voire complétée. Ce qui sera l’objet du deuxième numéro de la publication TOWARDS. Elle constitue l’occasion de dresser l’état des lieux de ce qui a été fait, de communiquer ces acquis, de lancer des pistes de réflexions sur ce qui reste à faire, et, bien entendu, d’inciter toute personne intéressée à prendre part au projet…

La suite du programme ? Dans un premier temps : passer à la réalisation effective de ces outils. Tester leur performance en tant que plateformes de consultation et de production de connaissances sur la ville.
Dans un deuxième temps : éviter que ces savoirs et ces expérimentations ne restent au niveau de la simple spéculation intellectuelle et tenter, dans la mesure des possibilités et des nécessités, de les convertir en véritables forces de transformation...

Vers une cartographie subjective et collective ?

À première vue, on pourrait penser que le simple fait d’émettre la nécessité d’aller vers une cartographie subjective présuppose automatiquement qu’il existe une autre manière de cartographier dont il faudrait se détacher, objective cette fois... Mais en réalité, ce partage dichotomique entre cartographies subjective et objective est largement contestable. Même la carte la plus prétendument fidèle n’est finalement qu’une abstraction intellectuelle, un certain regard posé sur une certaine réalité...
Le cartographe n’étant pas un agent neutre, celui-ci choisit toujours de "spatialiser" ou de "temporaliser" tel élément plutôt qu’un autre, de mettre en relation telles données plutôt que d’autres, selon certains codes graphiques et non d’autres : en fonction des données utilisées, de leur traitement et de leur visualisation, les résultats obtenus peuvent varier du tout au tout. À ce titre, une carte est toujours subjective, et ce quel que soit son degré d’ancrage au réel.
Il convient donc de préciser l’intitulé du projet : le but n’est nullement d’abandonner une cartographie dite objective pour se diriger vers une cartographie subjective, mais bien de réfléchir à des représentations qui assument cette subjectivité dans l’approche du territoire et de favoriser la pluralité des visions cartographiques. À Bruxelles, les faiseurs de cartes et les acteurs de la question urbaine sont d’ailleurs de plus en plus nombreux et leurs compétences de plus en plus décloisonnées, ce qui implique l’émergence de connaissances et de savoir-faire nouveaux dont il semble capital de tenir compte : si hier l’action urbaine pouvait se faire sans ou même contre ces nombreux acteurs, ou à la rigueur avec eux, dans une sorte de concession arrachée au pouvoir ou généreusement consentie par celui-ci, il en va tout autrement aujourd’hui... Ce passage d’une action urbaine arbitrée uniquement par les autorités publiques à une dynamique participative inaugurée notamment par différentes luttes mêlant artistes, associations d’habitants et activistes, constitue ce que l’architecte Benoît Moritz appelle le deuxième tournant de l’urbanisme bruxellois.

Dans un tel contexte, nous pensons qu’il serait intéressant d’échanger des idées et des pratiques depuis nos différentes approches de la cartographie et de centraliser ces énergies. Nous avons donc orienté le projet vers deux axes de travail différents mais néanmoins concomitants : d’une part la réalisation d’un atlas bruxellois reprenant diverses cartes (réelles, imaginaires, artistiques, anecdotiques, émotionnelles, géographiques, urbanistiques, amateurs, professionnelles, régionales, de quartier, etc) et, d’autre part, la création d’un logiciel (TRESOR) permettant de consulter ces cartes, de les mettre en parallèle, de jouer avec les paramètres qui les définissent, de les compléter, de les éditer, de les produire ou de les utiliser dans le cadre de projets personnels... Au fil des semaines, des mois, des années, de nouveaux visages de Bruxelles verraient le jour et une nouvelle mémoire prendrait forme : celle des luttes urbaines, des intervenions non-officielles, du positivisme des associations, de la richesse des acteurs bruxellois… Celle d’un regard neuf, loin des clichés touristiques et des négociations communautaires.

Tel est l’intérêt d’élaborer des outils consultatifs et collaboratifs de cartographie subjective : comparer, confronter ou intégrer ces différents visages de Bruxelles aux cartes plus officielles ou réglementaires qui découpent la capitale d’aujourd’hui.

Ce projet a été possible grâce entre autres au soutien de l’Union Européenne, de la Vlaamse Gemeenschap, de la Communauté Française et de la Région de Bruxelles-capitale